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2018-19 - Conf. 2

Description Intervenants : Professeur Fabrice Berna et le Docteur Jack R. Foucher

Thème

« Les phénotypes de psychoses endogènes »
De l'école de Wernicke-Kleist-Leonhard à l'exemple de la catatonie périodique

Résumé :

Le début de ce siècle a vu renaître l'idée de fonder une clinique basée sur la biologie. Cela s'est traduit outre-Atlantique par la remise en question de la « valeur » DSM et par un foisonnement de nouvelles idées : approches dimensionnelles (HiTOP), construits (RDoCs), biotypes, endophénotypes etc. Et le paradigme médical tend à partir avec l'eau du bain, supposant que le DSM était son implémentation alors qu'il n'en est rien.
Au cours de son histoire, la psychiatrie n'a cessé d'osciller entre les deux cadres paradigmatiques sur laquelle elle est à cheval : le cadre naturaliste des sciences de la vie et le cadre normativiste des sciences humaines. Si la plupart des approches qui ont le vent en poupe actuellement sont normativistes, le paradigme médical s'inscrit dans un cadre naturaliste. Nous verrons que c'est celui qui est à la base de sa formidable efficacité en médecine.
Le cadre naturaliste suppose que les objets qui nous intéressent en médecine, les maladies, soient sous-tendues par des causes uniques et rares dont les effets seraient majeurs. Il s'agit donc de catégories qui diffèrent qualitativement de la norme répondant au principe de parcimonie (1 seule cause). Ces catégories s'appellent des phénotypes.
Mais comment les identifier ? Difficile de se tourner vers la médecine actuelle pour le savoir. L'ère d'identification des phénotypes remonte à plus d'un siècle et cette expertise a disparu. Il faut se replonger dans les écrits de Bayle, Falret, Kahlbaum, Kraepelin, Wernicke, Bleuler, Kleist et Leonhard pour retrouver les heuristiques qui peuvent être utilisées pour élaborer des groupes homogènes répondant aux critères d'un phénotype : le principe de complexe symptomatique, le principe longitudinal ou le principe d'agrégation familiale par exemple.
L'école Wernicke-Kleist-Leonhard (WKL), la seule à avoir maintenu ce paradigme médical dans le domaine des psychoses endogènes. Sur trois générations, ces auteurs et leurs collaborateurs ont patiemment optimisé la description de phénotypes sur une base empirique en s'aidant de ces heuristiques. Le résultat final, publié en 1968, est une classification comprenant 35 phénotypes majeurs qui s'applique à près de 90% des patients présentant une psychose endogène et qui est faiblement concordant avec les classifications internationales (concordance λ ~ 0.5). Depuis, loin des courants dominants, leurs successeurs ont tout d'abord évalué leur validité de construit. Et sur ce point, ils dépassent de loin tout ce qui a pu être élaboré jusque-là : que ce soit sur la reproductibilité inter-évaluateur, le test-retest à 30 ans (validité prédictive), mais surtout sur la validité différentielle que celle-ci repose sur l'âge de début, le sexe-ratio, la réponse au traitement, la charge héréditaire ou ontogénique ou encore l'imagerie fonctionnelle.
Le plus prometteur de ces phénotypes pour une recherche étiopathogénique est la catatonie périodique. Vu sous l'angle des classifications internationales, elle serait rangée dans la schizophrénie ou le trouble schizo-affectif dans près de trois quarts des cas, et dans les troubles affectifs pour l'essentiel du quart restant. Cependant, elle se distingue au cours des épisodes comme lors de sa phase résiduelle par des symptômes psychomoteurs spécifiques que nous illustrerons par des vidéos. Avec environ un tiers des apparentés du premier degré souffrant d'une forme homotypique, la charge héréditaire de ce phénotype est non seulement élevée, mais aussi spécifique. De plus, jusqu'à 21% des parents non psychotiques présentent une forme atténuée des symptômes résiduels, suggérant le caractère accessoire de la psychopathologie la plus saillante (symptômes psychotiques ou thymiques) et l'intérêt de se concentrer sur les symptômes les plus discriminants comme les symptômes psychomoteurs. La catatonie périodique est référencée dans le catalogue des pathologies à hérédités mendélienne chez l'homme avec deux locis identifiés (MIM 605419) et sur le plan neurophysiologique, elle s'accompagne d'une hyperactivité spécifique des cortex péri-rolandiques gauche. Cette dernière observation a permis d'élaborer un modèle physiopathologique du phénotype auquel une étude thérapeutique de type preuve de concept vient d'apporter une première confirmation. Un premier pas vers la validation de ce phénotype…
Intervenant(s) Pas encore défini
Cursus

Ce cours est associé au(x) cursus suivant(s) :

CEPUSPP - 1ère année - 2018-19

CEPUSPP - 2e année - 2018-19

CEPUSPP - 3e année - Psychothérapies psychanalytiques - 2018-19

CEPUSPP - 3e année - Thérapies comportementales et cognitives - 2018-19

CEPUSPP - 3e année - Thérapies familiales et systémiques - 2018-19

CEPUSPP - 4e année - Psychothérapies psychanalytiques - 2018-19

CEPUSPP - 4e année - Thérapies comportementales et cognitives - 2018-19

CEPUSPP - 4e année - Thérapies familiales et systémiques - 2018-19

CEPUSPP - 5e année - Psychothérapies psychanalytiques - 2018-19

CEPUSPP - 5e année - Thérapies comportementales et cognitives - 2018-19

CEPUSPP - 5e année - Thérapies familiales et systémiques - 2018-19

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Sessions

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